Le Clown navet

La fibre créatrice...

08 mai 2008

Aurore

Aussi belle qu'elle a un titre évocateur...

'Aurore aux doigts de rose'

by Jacqueline Fischer

ATCJacq

Elle sent bon les jardins de Bagatelle...

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06 mai 2008

Je couds!

Vous avez été plusieurs à vous montrer épatées, voire effarées, par ma productivité depuis ces dernières semaines... Je dois vous avouer que je ne faisais pas grand chose de textile et que les illustrations & ATCs qui sont apparues sur ce blogue dernièrement ont été réalisées à la fin de ma grossesse - mais le temps de les poster, le temps qu'elles arrivent à destination et que je m'occupe de les mettre en ligne, voilà une faille spatio-temporelle de plusieurs semaines qui explique ce décalage...

Je me remets seulement à une quelconque activité textile - par fenêtres de dix minutes quelques fois par jours...
et je couds pour moi:

Tissu2

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01 mai 2008

Le Pantalon

A lire impérativement!

Encore un ouvrage emprunté par une esclave pensant tout juste regarder les images d'un oeil en surveillant l'acrobate de l'autre, eh bien, je me fourrais le doigt dans l'oeil, justement!
Cet ouvrage est pas-sion-nant!

On y apprend que depuis toujours, le pantalon est un enjeu de pouvoir: les Romains, déjà, méprisant les braies de nos ancêtres les Gaulois, avaient baptisé leur / notre doux pays Gallia braccata, le pays des barbares en pantalon... Vêtement des barbares... et des guerriers (ben, oui, plus pratique que la toge pour guerroyer!), le pantalon (ou la culotte) devient bien vite partie prenante dans la guerre des sexes - et pas juste au vingtième siècle, non! Ca remonte à ... toujours, dès que le vêtement devient sexué (au Moyen Âge) (l'histoire de Jeanne d'Arc prend alors un autre relief...)! Pas-sion-nant, je vous dis! Bien sûr, il est question d'Olympe de Gouges, la révolutionnaire en pantalon, mais de bien d'autres aussi. On apprend qu'après avoir encouragé les bataillons féminins à porter le pantalon, les révolutionnaires interdirent le port de ce vêtement aux femmes, avec amende et emprisonnement à la clé. A la fin du dix-neuvième siècle, la préfecture de police, qui se chargeait de faire respecter l'interdiction pour les femmes de porter le pantalon, accordait des dérogations (à ces dames de la haute, of course!) - pas-sion-nat, je vous dis!

Indispensable pour mettre Poiret, Chanel et Yves Saint Laurent en perspective: l'histoire du pantalon au vingtième siècle marque une accélération et une stabilisation (oui, aujourd'hui nous allons non seulement au bureau en pantalon mais même en jean même si cela reste très codifié - en même temps il serait ridicule de demander au vêtement de cesser d'être un code - voir Barthes et ses mythologies), mais ce n'est que le point de cristallisation de toute une histoire!

Pas-sion-nant, je vous dis! Je l'ai dévoré sans tout retenir et attends avec impatience ma prochaine grippe pour pouvoir le relire sans trop culpabiliser...

J'étais presque prête à l'acheter (bien que volumineux et lourd sur mes étagères déjà trop pleines et un peu onéreux même si pas cher du tout vu son grand intérêt) et enrage de découvrir qu'il est épuisé! Peut-être, un jour, d'occasion...
Le Pantalon, Une histoire en marche (Éditions de L’Amateur), de Laurence Benaïm, a reçu le Grand Prix du Livre de Mode 2000 .

Cerise sur le gâteau (déjà fort goûteux), la section où les créateurs confient leur vision du pantalon n'est pas la moins excitante! Egalement quelques parcours thématiques où l'on apprend quelques secrets du pantalon sur mesure (tout est dans la fourche, la fourche à un millimètre près) et des pleats please...

Bonne lecture!

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26 avril 2008

ATC - Woolf: icône pop

J'ai imprimé différents portraits de Virginia Woolf sur mon imprimante laser (je crois que la technique du fer ne fonctionne pas avec les imprimantes à jet d'encre...) avant de les transférer sur du tissu au fer :


WoolfIc_ne_Transfert

Oups, j'ai découpé les images à transférer un peu juste si bien que le fer a un peu bruni l'exemplaire du bas - j'ai fait beaucoup plus d'essais que d'ATC au final! Désormais, j'ai progressé, et laisse une bonne marge de papier blanc autour du motif à transférer, ce qui protège le tissu (j'utilise également un morceau de papier sulfurisé).

Au fait, vous saviez que le transfert au fer fonctionne mieux sur du tissu mélangé que sur du 100% coton?

J'ai ensuite passé les transferts obtenus à la gouache très diluée (mais vue la petite superficie à couvrir, le résultat est un poil vif)...

... avant de broder - eh oui, le but du moment c'est d'apprendre quelques points de broderie...

Erreur de débutante: j'ai brodé le cadre de la première sans protéger le transfert au fer - évidemment, Woolf s'est quelque peu évanouie...

WoolfInprogress


J'ai donc protégé le transfert de la seconde pour éviter qu'elle ne se transforme pareillement en fantôme sous mes doigts - il se trouve que c'est justement ce que ces ATC cherchent à montrer, que la "vraie" Woolf (la mienne - ouarf!) disparaît derrière / sous? l'icône (un peu poussiéreuse). Mais une ATC avec un motif central invisible, cela a beau être follement conceptuel, c'est aussi follement inintéressant d'un point de vue plastique...

Donc, voici la seconde Virginia sous sa housse de protection pendant que le chantier est en cours:

Woolfinprogress2

Le résultat final:

2008_ATC_WoolfIconePop

On voit bien que Woolf n'est plus que l'ombre d'elle-même, paradoxalement évanouie plutôt que préservée sous l'amidon,  non?

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24 avril 2008

La petite robe noire

Mon emploi du temps d'esclave de loup-garou ne me permet pas de me lancer dans la (re)lecture de l'Odyssée (projet fou que j'ai nourri un temps et bien vite abandonné) - mais plutôt de feuilleter des livres d'images...

Trouvé à la bibliothèque municipale, La Petite robe noire, de Didier Ludot - présentation liminaire façon portion congrue mais des photos pleine d'inspiration...

Mes préférées:

PRNoireMarcelRochas

(Marcel Rochas 1945)

PRN_Balenciaga1956

(Balenciaga 1956)

PRN_MarcVaughan1971

(Marc Vaughan 1971)

Mais à quoi ressemble-t-elle, de dos, celle-ci???

Un petit bonus ici pour celles qui auront le courage de dérouler jusqu'au bas de la page (Cristobal Balenciaga, encore)..

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22 avril 2008

Etole 'Haut chaud(e)'

Me voici qui réinvente l'eau chaude...

Tout a commencé avec un rectangle de lainage (60 cm de haut) qui me faisait de l'oeil depuis un moment et dont, pour déjouer le sort de l'allaitement qui empêche de jouer à coudre des hauts, je souhaitais faire un machin bidulesque entre haut et étole... forcément une variation sur le kimono. J'ai donc commencé à réfléchir à une étole kimonoesque qui serait fermée ou ouverte par un système de liens (projet en cours, abandonné pour cette fois) avant, au cours d'un essayage de prototype de papier journal, de réinventer l'étole par pliage de rectangle...

Pour donner un peu d'ampleur, mon rectangle de 60cm de haut s'avérant un peu petit pour que l'étole "Haut chaud(e)" soit confortable, j'ai d'abord cousu env/env le coupon de lainage à une cotonnage de 80 cm de haut avant de retourner pour obtenir le rectangle de lainage agrandi par une bande d'écossais rouge (j'aurais pu choisir de répartir l'écossais en deux bandes plus petites en haut et en bas, mais tout mettre du même côté présente un avantage: on peut porter la bande en haut ou en bas, ce qui change légèrement le tombé du vêtement).

J'ai ensuite cousu les "manches" sur 30 cm (32 précisément) de chaque côté. Sur cintre:

EtoleHautChaude

et hop, yapuka enfiler:

2008_HautChaud_e_1

la bande écossaise, portée en haut, forme comme un col

2008_Haut_chaud_e_2

la bande écossaise, portée en bas, disparaît dans le tombé légèrement bouffant (plus bouffant que lorsqu'elle est portée en col) et n'est visible que de face sur les manches

(précision pour celles qui s'inquiètent pour ma santé mentale: je ne prends pas pour la réincarnation du modèle de Camille Claudel - je fais ces mouvements à la Isadora Duncan pour mettre en valeur le modèle...)

Me voici qui réinvente sottement le shrug, ce vêtement hybride, plus travaillé qu'une étole mais pas trop embryonnaire pour être un boléro, pour lequel il n'y a même pas de mot en français (chauffe épaules est-il dans le dictionnaire? Depuis quand?)!

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20 avril 2008

Acrobate brodé

Envoyé par Anne, ce clin d'oeil à un acrobate qui voudrait explorer le monde trop hardiment...


AcrobateAnne

"A marcher trop vite, on se casse la figure"

A méditer...
de même que l'expressivité de ce point qui paraît pourtant si simple... le feather stitch, ou point d'épine...

(correction - à prononcer avec l'accent british de l'arbitre de tennis - il s'agit du point de mouche - mouche que je ne prendrai pas - ah ah ah!)

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18 avril 2008

Rondelles

Elles se promènent sur mes illustrations pour FibrAnne, ce trimestre...

Lu dans un QA ou un CPS: on peut embosser des petits articles de quincaillerie métalliques...
Mon sang ne fait qu'un tour, je saute dans le métro, achète une pochette de rondelles et autres bêtises chez LR Rambuteau, et me rendors sur cette idée alléchante...

Puis ma Mam' à moi m'offre un pistolet à embosser, et ces rondelles se rappellent à mon bon souvenir...

Premier essai:
une couche de peinture acrylique + UTEE:

Rondelles

Je dirais que j'étais moyennement satisfaite du résultat... (à part pour les noires avec reflets d'UTEE bronze, que je n'ai pas retouchées)

La nuit portant conseil, je laisse tomber cette activité ingrate...
Puis, coup de génie: rien n'est jamais définitivement raté quand on bidouille, je reviens donc à la charge armée non plus de peinture mais d'encre et j'en rajoute une couche sur les rondelles qui me paraissaient trop grossières ou qui n'étaient que partiellement embossées...

Rondellesemboss_es

Non seulement l'encre donne un peu de transparence qui manque à l'acrylique, mais elle permet d'obtenir un embossage lisse et uniforme.

Première couche acrylique, seconde couche encre me paraît donc un excellent protocole!

En revanche, j'ai essayé d'embosser des boulons, le temps à y passer n'en vaut pas la chandelle!

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16 avril 2008

Vionnet à la japonaise

Je suis comme une gamine à noël...
Je viens de recevoir de Hong Kong (i-baie) l'un de mes livres préférés de toute la terre...

Vionnet à la sauce japonaise.

V

isbn978-579-10943-2

Madeleine Vionnet ne pouvait que fasciner les Japonais, car ses créations sont sobres, épurées mais ingénieuses...
D'ailleurs, à regarder les plans de montage, on se croirait à feuilleter Pattern Magic 3...

V5

Pas du tout! Ces plans d'assemblage fous fous fous datent des années folles!
Vionnet affirmait avoir inventé la coupe dans le biais... Inspirée par la simplicité hellénique d'Isadora Duncan (son école ici), elle n'hésitait pas à faire défiler ses modèles pieds nus, après avoir jeté aux rebuts les corsets de ses contemporaines... Elle adoptait la simplicité (trompeuse) du primitivisme et son absence (apparente) de technicité... mais n'hésitait pas à faire tenir une petite robe (en fait très ingénieuse) d'un (simple) collier Cartier...

Petite précision pour celles que ces quelques photos allèchent: il s'agit bien d'un livre de couture: les modèles sont donnés sur grille 10x10 à reporter soi-même à la 100 idées (encore!) - aucune taille n'est indiquée et je pense que comme la silhouette années folles n'est pas celle de tout le monde, ça va patronner dans les chaumières! - et des croquis indiquent comment assembler tout cela. Livre un peu chérot mais qui vaut vraiment le coup! Si vous l'achetez et vous lancez dans une réalisation, prévenez-moi, nous pourrions nous lancer dans un "cousons ensemble", à mon avis c'est le genre de patron qui mérite de s'y atteler à deux têtes et quatre mains (ou tout multiple)...

Certains des modèles présentés dans cet ouvrage ne paraissent a priori pas vraiment portables pour un clown rarement invitée aux réceptions de Monsieur l'Ambassadeur...

V1

Pour le plaisir des yeux et l'amour de la technique, donc...

Certains modèles, en revanche, me semblent fort contemporains et tout à fait portables:

V2

Ceci en plus court, tout moi!

V3

En ce qui concerne ce modèle, il n'y a rien à changer - on le croirait tout droit sorti de l'espace créateurs des Halles - on pourrait le tenter dans une matière plus contemporaine, comme une laine bouillie...
A imaginer surtout avec bottines ou salomé - pas avec ces escarpins datés...

V4

La boucle est bouclée, avec ce petit top cache-coeur japonisant...

(encore ces affreux escarpingouins!)

Yapuka réfléchir sur les matières à employer: le satin pour aller faire la queue aux caisses de Monop', j'hésite! Du bête coton pourrait peut-être faire l'affaire mais ne risque-t-il pas de trop modifier le tombé, ou du velours... tiens... et si... du bazin???

Qu'en pensez-vous?


[Réponse: cet ouvrage propose 28 modèles, dont deux étoles/cache-coeurs et un manteau (superbe!)... Beaucoup de robes sont a priori immettables car dos nus, mais rien qui ne saurait se modifier... Surtout, dites-moi si vous réalisez certains de ces chefs-d'oeuvre...]

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14 avril 2008

Farinelli

Autre illustration de BOF pour ce second trimestre: Isa a choisi Farinelli (1994)...

J'ai, comme pour les autres musiques de film à illustrer, travaillé sans revoir le film, d'après le souvenir que j'en avais gardé - et en respectant ma contrainte du trimestre: la broderie (ouïe).
Farinelli, cela s'est imposé tout de suite à moi, devait être blanc, noir et rouge.

Pour reconstituer une voix de castrat, la bande originale mixte une voix de soprane et une voix de contreténor - comme je travaillais sur des bribes de souvenir, j'ai eu l'idée d'un "collage" textile: du tulle, de la toile à beurre, de l'intissé et de la dentelles, tout cela blanc sur le fond de feutrage nuno blanc raté cet été - ces bandes sont devenues les portées abstraites d'une voix de castrat imaginaire ou virtuelle - brodée dans différents rouges (et 4 points différents, comme la partition dézinguée d'Anne) allant jusqu'au prune, un fantasme...

Puis le cadre noir ancre le tout sur un écran de cinéma.

Isa2_Farinelli

Et quelques rondelles embossées - aux couleurs du siècle et de l'Italie de Farinelli...

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