16 novembre 2005
Baba-Yaga
J'aime particulièrement ce conte russe, Baba-Yaga (voir Dentelles d'encre)...
Comme le chat, nous avons beaucoup tissé, ma soeur et moi, dans notre enfance...
09 novembre 2005
Naissance d'un blogue collaboratif: Dentelles d'encre
Il y a quelque temps de cela,
le
Clown navet facétieux, toujours avide de concilier ses deux passions,
le textile et la littérature, lançait sa populaire (!!!??!) rubrique, "
Texte & Textile".
Anne, la bonne fée aux doigts d'or, eut alors une idée de génie:
arachnées
isolées filant nos toiles chacune dans notre coin, pourquoi ne pas
nouer nos fils, tisser un florilège de textes textiles?
Une fois la
curiosité du Clown piquée, difficile de l'arrêter. Il était tout de
même fort embarrassé, se mit à cogiter, et finit par s'organiser...
L'enthousiaste et créative Kajin (alias Touche-à-tout),
aventurière textile multi-techniques à qui ce nouveau blogue
collaboratif doit sa superbe bannière couleur d'encre constellée des
étoiles de l'imagination, se joignit à l'aventure depuis l'autre bout
de l'hémisphère.
Ainsi naquit Dentelles d'encre
Un
blogue où figureront bientôt, nous l'espérons, des extraits de textes
ayant trait aux ouvrages de dames et à toutes sortes d'activités
textiles. C'est Anne qui l'inaugure, avec 'Les Mains de Pénélope' de
Brigitte Adde.
Ce blogue comprend aujourd'hui une rubrique, la
rubrique "Poésie". J'espère que la liste s'allongera tandis que vous
partagerez avec nous vos bonheurs de lectrices passionnées de tissus et
de fils, dans le plus de langues possibles...
01 novembre 2005
Textes & textile: Socrate!
Socrate, s'il vous plaît, comparait déjà texte et textile. Alors ça, ça m'a laissée baba:
SOCR.
Ce qu'il fallait tisser, il fallait le tisser avec quelque chose? Ce
qu'il fallait percer, il fallait le percer avec quelque chose? - HERM.
Absolument. - SOCR. Et enfin, ce qu'il fallait nommer, il fallait le
nommer avec quelque chose? - HERM. C'est exact. - SOCR. Ce avec quoi il
fallait percer, qu'est-ce que c'est? - HERM. Une percette. - SOCR. Avec
quoi tisser, qu'est-ce que c'est? - HERM: Une navette. - SOCR. Avec
quoi nommer, qu'est-ce que c'est? - HERM. Un nom. - SOCR. Bien dit! Un
instrument, voilà ce qu'est aussi le nom. - HERM. Absolument. - SOCR.
Suppose maintenant de ma part cette question: 'Quel instrument est la
navette?' N'est-ce pas ce avec quoi nous tissons? - HERM. Oui. - SOCR.
Or, quelle est notre opération quand nous tissons? n'est-ce pas, la
trame et les fils de la chaîne étant enchevêtrés, de les démêler? -
HERM. Oui. - SOCR. A propos de la percette aussi, seras-tu à même de
tenir semblable langage, et aussi à propos des autres cas? HERM.
Absolument. - SOCR. Tu es dès lors à même, à propos aussi du nom, de
tenir semblable langage, le nom étant un instrument, que faisons-nous
avec lui quand nous nommons? - HERM. Je ne suis pas à même de le dire!
- SOCR. Est-ce qu'en somme nous ne nous enseignons pas les uns aux
autres quelque chose et est-ce que nous ne démêlons pas ce qu'il en est
des choses? - HERM. Absolument. - SOCR. Alors, c'est qu'un
nom est un instrument d'enseignement et, à l'égard de la réalité, un
instrument de démêlage comme l'est, à l'égard d'un tissu une navette.
HERM. Oui. - SOCR. Or, la navette est un instrument de tissage? - HERM.
Qui le niera? - SOCR. Alors donc, un artisan de tissage, c'est une
navette qu'il maniera en belle façon, autrement dit en façon de
tissage, un artisan d'enseignement, ce sera un nom, et en belle façon
qu'on voudra dire de façon enseignante. HERM. Oui.
C'est dans Cratyle ou de la rectitude des mots,
et cela dure encore une page, mais je laisse le sympathique, mais
un peu nigaud, HERM. ( Hermogène) se reposer: crevant le jeu du ni oui
ni non...
N'en déplaise au verbeux Socrate, si le mot et la navette sont des instruments de démêlage, rien n'empêche d'en faire délibérément des outils d'emmêlage pour se vautrer avec délectation dans l'embrouillamini!
Nouons, tressons, entremêlons!
18 octobre 2005
Tissons une toile
Lorsque le Clown vous a fait partager
quelques métaphores textiles au fil de ses lectures, il ne pensait,
insouciant, qu'à prolonger en votre comagnie un fugitif moment de plaisir. Mais voici
qu'Anne, la redoutable tisseuse de colliers et d'amitié, encourage sa
passion, déjà vive, pour les textes et lui met en tête
-sa petite tête de navet...-
l'idée de lancer un appel aux tapissières, couseuses, tricoteuses, tricotineuses et brodeuses de bonne volonté.
Et si vous aussi, vous lanciez sur la toile des fils de textes rencontrés et aimés, même brièvement,
et si nous tissions une toile entremêlant des bribes de textes textiles?
J'y
avais bien pensé, mais avais reculé devant l'ampleur de la tâche (je
suis une ignare en informatique qui ai appris le mot "bannière"
(banderole?) sur le site de Nouchka; je ne comprends même pas ce
qu'elle veut dire quand elle écrit "j'ai fait ça tout simplement avec
,!,!!<ù^mùù! [nom de logiciel inconnu au bataillon....]"!!!
Si
les actives araignées que vous êtes étaient tentées par cette
aventure, je trouverais bien une solution technique...
Peut-être un blog communautaire et collaboratif, quelque chose sur le mode de Crafting Japanese (source d'inspiration inépuisable de l'amoureuse des petits bidules japonais...)?
Qu'en pensez-vous? Avez-vous des suggestions?
11 octobre 2005
Texte & Textile: Observatory Mansions
Une discussion avec Anne Gailhbaud, la tisseuse de magnifiques colliers (entre autres activités artisanales et artistiques), sur les liens intimes entre textes et textiles, tissage de mots et tissage de fils, m'a donné l'idée de cette nouvelle rubrique, TEXTE & TEXTILE.
J'y citerai, lorsque j'en croiserai au fil de mes lectures, de brefs extraits d'oeuvres littéraires consacrés aux arts de la couture, de la broderie et autres "travaux de dames", activités souvent évoquées dans les romans, parfois sur un mode métaphorique...
Sorry girls, it will probably mostly be in English...
Un roman britannique inaugure TEXTE & TEXTILE:
Observatory Mansions. Edward Carey. 2000.
[Anna, amoureuse d'un handicapé des sentiments
incapable de lui manifester qu'il l'aime en retour, Anna, donc, qui se
sait devenir aveugle, s'empresse de broder sur sa robe bleue toutes les
relations amoureuses qu'elle observe autour d'elle. Ainsi, une fois
aveugle elle se souviendra, en caressant la broderie des doigts, des liens intangibles qui unissaient ses proches...]
She would come and sit with us bringing with her one of her blue dresses, a needle and some black cotton. At first I thought she was mending some holes but gradually I began to understand that Anna was stitching words into the dress. The first word she wrote on it was Peter. The second word she wrote was loved. The third word she wrote was Claire. Anna was straining the light out of her eyes.
As weeks passed she wrote other sentences with black cotton on her dress:
Claire loved Alec.
Alec loved Claire.
The Porter loved Claire.
Mrs Orme loved a bachelor.
Mr Orme loved Mrs Orme.
This is my love dress, Francis, she told me. I am writing out sentences of love so that I shall never forget them. So that if I go blind I will be able to read the words by touch, even when I wear them.











