08 février 2007
Un beau métier...
Je suis allée voir Molière,
faisant fi, avec l'entêtement qui est parfois le mien, de la mauvaise
critique et n'ai pas regretté les 10 minutes de marche dans les frimas
pour atteindre la salle obscure! J'ai adoré ce film - il faut dire
qu'il a le bon goût de faire écho à ma marotte (littéraire) du moment,
le burlesque...
Mais je ne reprends pas la plume après une absence
qui m'a paru de 1000 ans (et pendant laquelle mes activités de
bricolage ne me permettaient guère d'arborer le collier à 1000 vies
pour me donner du coeur à l'ouvrage!) pour bavarder cinématographe avec
vous
je n'ai pas changé
c'est toujours le textile qui est
ma préférence à moi...
J'avais
beaucoup aimé le générique qui, au moyen d'étoffes colorées qui se
déroulent sous nos yeux parvient à évoquer à la fois le déguisement et
l'âge classique. Mais voici qu'arrive le générique de fin - j'avoue un
penchant pour ce moment où
des dizaines de métiers (sont-ce des métiers, vraiment?), dont certains
semblent si abracadabrants que seul un terme anglais peut les désigner,
se mettent à défiler frénétiquement sur l'écran -
et oh mais que vois-je?
"Embellissemnt des étoffes"
...
Il
y a donc (au moins) une heureuse (?) intermittente du spectacle dont la
fonction est d'embellir les étoffes - mouais, génial, je suis contente
pour elle, un peu jalouse même, je me dis que mon rêve secret d'être
costumière est bien palôt palôt quand il existe sur cette bonne vieille
terre des embellisseuses (si si, allez, osons!) d'étoffe!, mais, ça
veut dire quoi au juste? Que fait-on aux tissus, euh, pardon, aux
étoffes, pour les embellir? Et pourquoi les embellir? Pour que les
vilains cotons modernes ressemblent à de superbes damas du dix-septième
siècle? Alors là, les scrapbookeuses et leur vieillissement au café ou
au thé peuvent se rhabiller (je me mets dans le lot, qui ai utilisé
cette technique pour la série d'ATCs arachnéennes), j'imagine des
techniques bien plus complexes, à base de fils de soie et de tampon
jex/fils d'argent!
Je portais, rien de prémédité, bien
sûr, un vêtement de circonstance: un t-shirt à manche longue de brocart
bleu et kaki (le tout élastique, rassurez-vous) que j'avais acheté en
raison de son côté "robe de chambre de mère-grand" tout à fait
charmant, avant d'entendre Mr Chat vitupérer que j'étais déguisée en
vieux canapé de sa grand-mère! Mais après avoir vu Molière et découvert
l'existence de l'embellissement d'étoffe, j'aime à penser que ce haut
crie à tue-tête ma fascination pour le théâtre et pour le textile et
pour le cinéma de qualité (!), bref, lance à la face du monde que je
suis une personne étonnamment raffinée, tout à fait le genre de fille
qui pourrait passer un temps fou à embellir des étoffes!
15 janvier 2007
Pour cause de travaux
En ce moment, il m'est impossible de venir assez régulièrement sur mes deux blogues, Le Clown navet et Dentelles d'encre, pour partager avec vous mes enthousiasmes textiles du moment...
tout simplement car j'ai fort peu d'enthousiasmes textiles concrétisés,
je ponce, repeints, range des livres et des coupons dans des cartons qui s'empilent et dévorent l'espace de mon appartement -
j'habite deux lieux, autant dire que je n'en habite vraiment aucun.
Plutôt que de courir et de mal faire, je préfère vous dire bye bye pour l'instant et revenir disponible courant février...
Je ne souhaite pas voir ce blogue devenir une corvée pour moi, ni une cause de stress car je n'ai pas le temps de publier de message, je préfère continuer de le chérir comme un espace de liberté et d'échange, un plaisir!
Au plaisir, donc!
28 septembre 2006
Un autre rythme
La lecture du texte de Roland Barthes sur le tricot (dentelles d'encre), puis du commentaire léger de Cyndi (Mazel Tov Jewelry Treasures) sur le roulage de perles comme activité décérébrée m'a donné à penser, disons, m'a incitée à reprendre une réflexion que j'avais un peu mise de côté...
En fait, je décentrerais légèrement le débat; je ne parlerais pas d'activité automatique au sens de pratique ne demandant aucune espèce de réflexion - cela me paraît une vision assez erronée car, s'il faut peut-être moins se creuser les méninges pour tisser un collier ou assortir des tissus que pour planifier la réfection de sa maison ou passer un examen, on sait quelles grosses bêtises peuvent naître de quelques secondes d'inattention: nous avons toutes déjà démonté quelques rangs de tricot jacquard ou changé d'avis, une fois les pièces de tissus assemblées, quant au choix des couleurs, par exemple. Donc, les activités manuelles créatives (pour ratisser large) font appel à notre cerveau...
Mais je dirais qu'elles font appel à notre cerveau différemment. Là où les erreurs dans un plan de travaux ou dans une dissertation mal argumentée peuvent s'avérer coûteuses (quand on abattu un mur porteur, la maison s'effondre et il est trop tard), car elles se déroulent dans la vie pragmatique, efficace, productive où tout est affaire de rétribution (où tout se paie: soit on est bien payé en retour soit on paie ses erreurs et même ses fautes d'inattention), les erreurs dans mes petits bricolages textiles, puisque là n'est pas mon gagne-pain (je ne généralise pas, car pour certaines d'entre vous, l'enjeu est tout autre) ne sont jamais véritablement des erreurs, mais restent au stade peu angoissant de bévues, de petites boulettes et autres surprises plus ou moins heureuses. Le cerveau travaille mais sans craindre l'échec, il n'y a que de la carotte et pas de bâton! Il peut même s'avérer que la boulette donne un résultat plus intéressant que mon idée de départ - rare d'avoir une meilleure note parce qu'on a fait plus d'erreurs ou qu'on a plus mal argumenté... Et si la petite bévue s'avère une grosse bêtise? On démonte, ou à la poubelle et qu'on en parle plus - si ce n'est pour en tirer les leçons...
Donc, avec la création textile, la matière grise travaille tout en étant en attente de la surprise, de l'inattendu, de l'imprévu... On entre donc dans une autre temporalité - et je crois que cette temporalité autre est au coeur de mon désir de consacrer chaque semaine un peu de mon temps à toutes sortes de fibres -, une temporalité autre qui n'est pas celle de l'efficacité, de la rétribution, du rendement, de la productivité, même, pour parler moderne-plus-si-moderne, aux antipodes de la wonderwoman "moderne" (mais à mon avis pas moderne du tout) que nous vendent les magazines féminins et que j'abhorre. On entre dans la temporalité de l'intempestif: ça arrive comme ça, sans lien logique visible avec nos prévisions. Je me dis, "tiens, je vais me coudre ce modèle de jupe dimanche après-midi" et un mois plus tard je suis toujours en train de décorer la bande du bas! Et alors? J'aurais eu le temps d'en coudre dix? Et alors? Je maîtrise ce temps-là dans la mesure où, justement, j'accepte qu'il m'échappe un peu.
Il est évidemment très "reposant" (pour revenir un peu à barthes, point de départ de cette méditation!) d'accepter que cette activité nous échappe un peu. C'est le plaisir de laisser volontairement les choses m'échapper qui est sans doute le plus fort dans mes amours textiles, et non le repos de mon cerveau courbatu - pour cela, il y a notre insipide télé... C'est bien que le "repos" n'est pas la qualité première de la création (bidouillage, peu importe) textile, mais plutôt, n'ayons pas peur des mots, la liberté!
Je me demande si, pour celles qui en font leur métier, la couture, le tissage et le tricot perdent totalement cette "gratuité", cette attente de la surprise, ou si, justement, ce n'est pas pour vivre dans cette temporalité intempestive TOUT LE TEMPS qu'elles ont choisi d'en faire leur gagne-pain...
07 septembre 2006
Créativité débridée
Comment ne pas brider sa créativité - ce que je me suis laissée aller à faire pendant trop longtemps, alors une petite piqûre de rappel sur ce blogue (en anglais) qui fait la liste des 5 GROS DEFAUTS qui bloquent la créativité des filles pourtant naturellement créatives - certains me concernent, d'autres moins...
"
- Expect perfection every time
- every attempt has to be perfect, even if it’s your first try at something - Same old thing
- do the same thing, watch the same shows, listen to the same music. Build yourself a little box and don’t come out of it. - Procrastination
- put off applying your creativity. After all, you can always try it tomorrow,right? - Imbalance
- spend most of your time doing just one thing. Obsess over it. And pig out on junk food. - Someone else’s vision/dream
- spend your creative efforts on someone else’s idea. It’s is probably better than yours anyway, right? "
Allez, on ne se laisse plus paralyser par le désir de perfection, la facilité d'une création selon la même rengaine - on ne sombre jamais dans une confortable routine-, on arrête de remettre au lendemain ces petits éclairs de créativité parce que c'est sûr, demain, on aura plus de temps, demain, demain, demain, on évite la monomania, et on refuse tout net l'allégeance aux idées créatives des autres...
04 septembre 2006
Recyclage comme sur des roulettes
Pas banals, ces sacs, je ne vous en dis pas plus! Une surprise!
26 août 2006
Du blanc
Robes de mariée pas chères cousues main ici - je précise qu'il s'agit d'un concours pour celles qui ne lisent pas l'anglais, le concours de la robe de mariée la moins chère...
Faites bien dérouler la page, il y a un tas de modèles, dont une robe empire en tissage/meshwork!
07 août 2006
Retour de vacances
Je rentre de vacances - eh oui, pendant mon voyage sur un autre continent le clown navet a doucement continué à mener sa vie...
Merci pour tous vos commentaires qui sont autant de petits moments de plaisir et tant mieux si cette page vous donne des idées - vos blogues m'en donnent aussi! Merci Isabelle et Sarah pour vos explications très claires concernant l'enroulage final du fil métallique - la fantaisie va se glisser jusque dans vos (et bientôt mes, eh eh eh) noeuds de fil de métal! Et pour mes visiteuses silencieuses, vous avez mon absolution! j'ai longtemps été moi aussi la visiteuse silencieuse de nombreux blogues et encore maintenant il m'arrive de ne pas laisser de commentaire lorsqu'il y en a déjà + de 20...
Je suis en plein décalage horaire et voudrais tisser les liens pour mon collier de princesse aztèque, puisque tel le voici baptisé, mon collier 1000 vies, quel beau compliment!, mais vendredi, je me suis cassé le nez, ouïe, chez Phildar, visiblement fermé en août... Je plaçais samedi tous mes espoirs dans ma petite mercerie de quartier - fermée en août, comme les deux autres où j'étais prête à aller m'égarer bien que leur vitrine ne présente que des tapisseries un peu marronnâsses... De fil de chaîne point. De guerre lasse, j'ai sacrifié quelques dizaines de centimètres des précieux cotons d'Isatinctoria (Filensoie) pour constituer le fil de chaîne des liens - eh eh eh, ainsi ils seront plus souples...
Je me suis pas mal promenée en
Californie, mais sans
jamais oublier ma passion pour les fibres (non, pas celles qu'on trouve
dans la nourriture!) - pas si facile au milieu de créatures
chirurgieplastiquées et décolorées (le terme "créatures" désigne ici
aussi bien des specimens masculins que féminins) visiblement bien plus
passionnées de lunettes de soleil géantes et de bolides décapotables
que de bidouillage - j'ai donc, en dépit de conditions extrêmement
contraires, rapporté quelques petites choses
intéressantes -
ainsi ces quelques perles d'argile faites main trouvées à San Francisco
qui s'intègreront sans doute à de prochains colliers tissées (à ce stade je ne pense pas mélanger les noir & blanc et les colorées mais cela peut changer)...
16 avril 2006
De retour/ du modèle de la jupe asymétrique
Me voici de retour de vacances déjà aux prises avec la dure réalité du bricolage. Impossible de visser les équerres de ma future étagère au mur (de mon appart' de location... aïe les trous partout)! Mr Chat, aussi nul que moi mais beaucoup moins patient est parti officiellement en quête d'un tournevis cruciforme avec un manche de taille raisonnable (le notre a un manche de 5 cm, un peu lèger) - et oui, pour arranger le tout, nous sommes violemment sous-équipés - officieusement, je pense qu'il m'a plantée là avec mes !::!;*$@¤¤&{{@$¤*::! d'étagères...
Bon, rien de nouveau - la couture n'est pas ma priorité en ce moment, hélas, donc, car la crise du logement livresque qui a multiplié les piles de livres un peu partout ces dernières semaines rend la pose (de plus en plus improbable) des-dites screugneugneu d'étagères urgente!
[temps... qui passe... à bricoler... quand je pourrais... coudre...]
4 heures de crispation plus tard, j'ai deux étagères à remplir de livres, ouf!!! Bon, pas posées dans les règles de l'art, et c'est peu dire, mais apparemment solides: j'espère ne pas mourir écrasée sous ma bibliothèque, comme une héroïne de la mythologie grecque me semble-t-il (???), bref...
J'en profite donc pour répondre à vos
nombreux messages concernant les techniques de pliage trouvées dans les ouvrages
de Kumiko Sudo (dont c'est le gagne-pain - le même éternel débat fait
rage ici à propos de créations de broderie). Le modèle n'est sorti ni de mon imagination ni de mes doigts...
Cela m'ennuie donc de vous le livrer "clé en main" comme je le
fais avec plaisir quand il est "de moi" ou "de personne" (et qu'il circule).
Ce
que nous pouvons regretter, c'est qu'en plus d'être assez onéreux, tous
ces ouvrages soient introuvables en bibliothèque en France. Lorsque
j'ai demandé à ma bibliothèque municipale d'acheter un ouvrage de
Kumiko Sudo, la réponse a été aussi ferme que cinglante: NON, ça
n'intéresse personne, ces trucs de vieille!
27 mars 2006
La couture est out...
Après avoir écumé les marchands de
journaux situés entre les deux stations de RER qui bornent mon
territoire, j'en arrive à la découverte que les marchands de journaux
ne décident pas des magazines qu'ils vendent, qui leur sont envoyés par
des centres de distribution, ce qui explique que certains ouvrent de
grands yeux tout ronds lorsque je prononce le mot "Burda" en me faisant
répéter comme si j'étais arrivée par erreur dans leur boutique alors
que je voulais acheter un médicament...
et à la conclusion que, du moins à Paris, la couture est out: l'un
d'eux m'a confié qu'on le lui demandait parfois mais que son centre de
distribution, par crainte de trop nombreux retours, s'entêtait à ne pas
lui en fournir, une autre m'a conseillé d'aller en province (pratique)
ou chez les marchands de laine, précisant aussitôt qu'eux aussi était
en voie d'extinction dans notre capitale branchée, un troisième enfin,
mais là, je craquais vraiment et n'ai pu retenir quelques remarques
amusées teintées d'ironie, m'a montré ses rayonnages couverts de
magazines informatique en m'indiquant que là, des nouveaux titres
se créaient chaque semaine!
Ainsi, je ne vis pas avec mon temps...
Scoop! C'est sans doute pour cela que, dans la jungle des villes, je
survis plutôt bien sans téléphone portable!
C'est
la première fois que je décide d'acheter Burda, afin de tenir ma bonne
résolution et de me coudre (au moins) un haut pour le printemps -
vais-je devoir activer mon réseau de connaissances en province???
13 mars 2006
tricot beau!
Pourquoi suis-je handicapée du tricot - knittingly challenged?
Je voudrais tricoter ça (le débardeur aux couleurs de la lande) -en fait j'aimerais surtout le porter!-,
mais étant donné que j'ai dû remiser l'écharpe à zigouigouis dont
Sarah de normadie a généreusement traduit les explications cet hiver,
n'arrivant jamais au stade des dits zigouigouis, ce qui m'a causé une
énorme frustration, comment envisager de m'attaquer à ce délicat
débardeur?
Il me semble me souvenir qu'ado je portais des pulls sortis de mes petits doigts agiles:
- soit j'ai régressé avec l'arthrose ou l'arthrite ou les deux
- soit je n'avais peur de rien à l'époque (solution pour laquelle je penche!)...










