12 novembre 2008
Questionnaire de Proust
Pas très gai, tout ça...
Comme Anne est une libellule pétillante, ma troisième illustration tente de rééquilibrer un peu son portrait proustien...
Pour cette illustration, j'ai mélangé les réponses à deux questions...
Du frottage, encore, des euros, des livres et de vieilles pièces d'origine inconnue - et quelques bulles de champ' - un goût que nous partageons avec Anne - qu'évoquent (si, si!) quelques cercles de coton bazin appliqués sur un reste du tissu en relief utilisé pour le haut "Les petits pois sont".
Le coton bazin bleu nuit qui encadre cette sympathique déclaration de foi est un vieux fou rire: totalement surexcitée de trouver un bazin de cette superbe couleur, je le jetai dans mon sac sans trop l'observer. De retour chez moi, le caressant du regard avec les autres coupons trouvés dans la malle au trésor chez Toto, je me rendis compte, sotte sotte triple sotte que je suis, que le motif représentait... des billets de banque - tissé pour le passage à l'euro, j'imagine!!! Je n'ai pas eu le cran d'en faire un débardeur (projet échafaudé initialement dans le magasin), ni même un sac - une doublure de sac, peut-être? Même pas... Cela m'a servi de leçon, et suis fière de vous annoncer qu'il y a peu, j'ai échappé au piège d'un superbe bazin d'un rare vert tendre représentant... les cercles des jeux olympiques! Elle jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus!!!
10 novembre 2008
Questionnaire de Proust
Ma seconde illustration pour Anne c'est (de façon assez surprenante a priori) la réponse à la question sur les hauts faits militaires...
Anne y défend l'armée, très représentée dans sa famille...
Comme cela faisait un moment que cela me chatouillait de frotter les pierres tombales du cimetière du Montparnasse où je vais oxygéner l'acrobate fréquemment, loin de la fureur des pots d'échappement, j'ai sauté sur l'occasion.
Me voici, avec l'aide de Mr Chat, partie frotter de la médaille militaire et du monument aux morts...
Tout cela se retrouve dans une évocation fort patriotique de notre drapeau:
Médaille: frottage au crayola rehaussé de broderie machine; les petites banderoles citent la réponse d'Anne qui dialogue avec les détracteurs de la grande muette, ce qui m'a beaucoup plu...
Le "blanc" du drapeau (dont on aperçoit côté recto les tons de soleil couchant) se déroule - j'ai toujours été frappée de constater comme les militaires plient et déplient des drapeaux):
Une petite pensée qui me passe par la tête:
cette illustration a été réalisée il y a une dizaine de jours, mais je ne trouve pas inintéressant de la montrer sur ce blogue aujourd'hui, alors que jaillit, tel un diable de sa boîte médiatique, la question du trop de commémorations. Fascinant de constater que même la mémoire se conçoit désormais en termes comptables de trop et de trop peu - sans doute conviendrait-il de distinguer les jours fériés, qu'on peut éventuellement considérer du point de vue du trop grand/petit nombre et la commémoration, la mémoire qui échappe forcément au quantitatif... Formuler la question de l'angle quantitatif et non qualitatif, c'est déjà accepter, me semble-t-il, de répondre à côté.
Ce frottage mémoriel, en revanche, esquisse peut-être une question du type: est-ce convenable d'aller frotter les tombes? Peut on commémorer les guerres ainsi, avec du crayon gras? Une commémoration doit-elle forcément être révérencieuse? Ce frottage est-il vraiment irrévérencieux? C'est sans arrière-pensée ni doute que j'ai frotté ces monuments à la mémoire des défunts, mais mon amie Melle K fut mal à l'aise lorsque je lui montrai ce frottage - elle désapprouve et non seulement c'est son droit, mais cela m'a donné à réfléchir...
08 novembre 2008
Questionnaire de Proust
Cette année, Anne a proposé de réaliser des portraits croisés.
J'ai sué tout l'été pour répondre avec sincérité - mais sans trop de sérieux, difficile équilibre - au questionnaire de Proust.
Les deux années précédentes, nous avions illustré le choix (texte ou musique) de nos trois complices à chaque trimestre; cette année chacune réalise un "livre" (ou une ébauche de) qu'elle envoie tour à tour aux autres participantes, chacune ayant deux mois pour réaliser plusieurs illustrations des réponses au questionnaire avant de faire suivre à la suivante.
J'ai été la première à recevoir le livre d'Anne, avec les illustrations qu'elle a faites de ses propres réponses -
j'y ai ajouté trois illustrations de mon cru -
pas forcément très gaies - rien de réfléchi, c'est ainsi...
La première:
A la réponse: "qu'est-ce que l'enfer pour vous" (une question qui ne se trouve pas dans le questionnaire original mais apparaît dans des versions revisitées), Anne répond (entre autres): les camps de concentration, abominables inventions humaines - termes que je cite en rouge sang sur fond d'intissé noir.
L'illustration au centre a été trouvé fort à propos dans Téléramouille (photographie du musée juif de Berlin), j'ai embossé certains masques à l'encre métallique puis j'ai recouvert le tout d'intissé noir rehaussé de messages à l'encre et de touches de nacre, j'ai ajouté une "grille" irrégulière (tampon du commerce) puis j'ai enfermé le tout dans du fil de barbelé fait de coton noué et teint dans le thé (dans le thé fumé, je précise car je trouve la teinte particulièrement délicate).
Là, j'ai cru que c'était terminé et j'ai scanné mon illustration.
Après l'avoir insérée dans le cahier d'Anne, j'ai apporté une dernière modification - que je vous laisse imaginer car mon scanner n'était pas branché et j'étais en retard pour transmettre le matériel à Marie-Claude qui prend ma suite -j'ai découpé délicatement, selon les traits à l'encre rouge qui composent la grille en surimpression, des carrés qui font apparaître les "âmes" ou masques de façon presque lumineuse par contraste - un effet dont je suis très contente - mais il vous faut, pour l'instant du moins, me croire sur parole - ces trois ouvertures illuminent l'ensemble de l'illustration (ici tout de même assez noiraude...).
06 novembre 2008
Livre textile
Le même côté verso:
05 novembre 2008
Livre textile
Après le livre FibrAnne 2006-2007, le délire relié des copines pour l'année 2007-2008 vient de s'envoler pour le Québec après un séjour à Montpellier.
Le thème était la musique.
J'ai essayé de mettre en évidence les affinités, parfois surprenantes, entre illustrations et entre illustratrices, bien que chacune ait travaillé dans l'ignorance des choix des autres, imaginant une structure permettant de regarder plusieurs illustrations à la fois, ce que permettait particulièrement le petit format carré choisi l'année dernière.
Je n'ai ajouté aucune touche perso: la (fort agréable) "contrainte" librement choisie fut de n'utiliser que des "à côté" envoyés par mes amies au cours de nos échanges: la couverture teinte et cousue par Isa, une enveloppe envoyée par Anne et des frivolités par Marie-Claude... Je n'ai ajouté que quelques rubans pour fermer la couverture et l'étiquette.
16 août 2008
C'est extra
La chanson choisie par Isa m'a posé d'énormes difficultés, je déteste Léo Ferré, et 'C'est extra' en particulier. Sa diction me rend littéralement folle!
J'ai réfléchi dans le vide, griffonné, ai mollement oublié toutes les bribes d'idées qui m'étaient vaguement venues... Classique, mais le déclic final, celui qui fait que le petit carré de 15x15 me jaillit des doigts en une heure, n'est jamais venu...
Comme pour Farinelli (désolée pour le manque de variété de mon inspiration), du blanc du noir et du rouge...
Fond de papier (un ancien programme du Festival d'automne), plusieurs couches d'organza, feutrine noire et rouge, gel médium, encre dorée et nacre.
J'ai passé la feutrine rouge au gel medium pour imiter l'aspect du cuir (technique trouvée dans un QArts) et ai embossé à l'encre dorée en mélangeant de la poudre de nacre à l'UTEE. J'ai ensuite fait fondre l'organza au pistolet à embosser.
13 août 2008
Quelqu'un de bien
Marie-Claude, quant à elle, a choisi une chanson d'Enzo Enzo, 'Quelqu'un de bien' - là aussi, grande angoisse... Pas trop inspirée...
J'ai finalement décidé de composer un paysage espagnol stylisé et de disposer des lettres découpées dans un magazine (comme pour l'illustration d'Anne) de façon à "imiter" la mélodie du refrain, avec le "un" qui sonne très haut, un peu isolé...

Soie, ruban de papier, ruban d'organza, coton, tulle et, bien sûr, papier glacé!
10 août 2008
A toi
Anne a choisi 'A toi' de Joe Dassin.
Humm................................
Mouais.........................................................
Gloups....................................................................................................
Aïe..........................................................................................................................................
Pas inspirée du tout...
Jusqu'à ce que...
A toi
A la petite fille que tu étais
A celle que tu es encore souvent
A ton passé, à tes secrets
A tes anciens princes charmants
Je tenais mon idée!
pochette plastique arrivée pile quand il le fallait au courrier, prénoms Télérama (dont le prénom de l'époux d'Anne), broderie libre sur toile à beurre, plastique d'emballage ensuite fondu au fer
Comme j'ai rendu cette illustration très en retard (re-gloups), elle est montée directement sur un page d'intissé du cahier d'Anne.
07 août 2008
Un enfant
J'ai eu un mal fou à illustrer les chansons choisies par les cop' de FibrAnne...
France fut la première servie - j'ai profité de son passage (éclair) à Paris pour lui remettre son illustration.
Elle a choisi 'Un Enfant' de Jacques Brel.
Je n'ai donc utilisé que des matériaux susceptibles de se trouver dans les poches d'un enfant...
Pour coller au thème de l'année, la musique, j'ai choisi d'illustrer les vers suivants:
Un enfant
Ça écoute le merle
Qui dépose ses perles
Sur la portée du vent
14 avril 2008
Farinelli
Autre illustration de BOF pour ce second trimestre: Isa a choisi Farinelli (1994)...
J'ai, comme pour les autres musiques de film à illustrer, travaillé sans revoir le film, d'après le souvenir que j'en avais gardé - et en respectant ma contrainte du trimestre: la broderie (ouïe).
Farinelli, cela s'est imposé tout de suite à moi, devait être blanc, noir et rouge.
Pour reconstituer une voix de castrat, la bande originale mixte une voix de soprane et une voix de contreténor - comme je travaillais sur des bribes de souvenir, j'ai eu l'idée d'un "collage" textile: du tulle, de la toile à beurre, de l'intissé et de la dentelles, tout cela blanc sur le fond de feutrage nuno blanc raté cet été - ces bandes sont devenues les portées abstraites d'une voix de castrat imaginaire ou virtuelle - brodée dans différents rouges (et 4 points différents, comme la partition dézinguée d'Anne) allant jusqu'au prune, un fantasme...
Puis le cadre noir ancre le tout sur un écran de cinéma.

Et quelques rondelles embossées - aux couleurs du siècle et de l'Italie de Farinelli...





















